lundi 24 septembre 2007

Les espagnols

Chers mouflets,

Après de nombreuses journées sans vous donner de mes nouvelles, je reviens afin de vous resservir une petite fournée d’infos.

Où en étions-nous ?... Ah oui… J’avais fini, dans le dernier message par vous faire part de mon admiration pour l’administration espagnole. Aujourd’hui, les cours ont commencé depuis quelques semaines et je dois vous avouer que les espagnols mettent un point d’honneur à démontrer qu’être espagnol n’est pas un défaut mais une philosophie qu’il faut suivre à la lettre. Appliquons cette affirmation au cadre scolaire :

1. Alors qu’en Suisse, la ponctualité est dans la plupart des cas, le mot d’ordre des professeurs, sachez qu’ici ce sont les élèves qui arrivent à l’heure et les professeurs qui arrivent en retard (j’ai établi, sur la base d’une étude statistique très sérieuse, que la moyenne se situait autour des 15 minutes).

2. Les cours ne commencent pas le jour même de la rentrée, comme à l’EPFL, mais prennent à peu près 3 semaines à se mettre en marche (à l’heure où je vous écris, je ne peux pas affirmer sans cligner des yeux que j’aie réellement commencé les cours !)

3. Qui ne se rappelle pas des monstres croissants au chocolat ou du bon café matinal servi à la caf’ alors même que les oiseaux se mettaient à chanter? Ce début de journée idéal ne l’est pas pour les « alcoolophiles » (je trouve ce terme nettement plus joli que « alcoolique » ou « architecte »… Non ?) qui préfèreraient pouvoir avoir leur dose d’alcool quotidienne... Pour ces spécimens, sachez que l’école polytechnique de Madrid est faite pour vous puisqu’ici le whisky-coca est servi dès l’ouverture de l’école et, m’a-t-on dit, il ne faut pas s’étonner de croiser des gens transpirants d’alcool par tous les pores de la peau, professeurs y compris…

Ce dernier point me permet de vous raconter une petite anecdote. En arrivant à la caf’, une petite soif aidant, je me décidais à commander un thé froid, histoire de remplir l’éponge qui me sert de cerveau. Lorsque je reçois ma commande, je suis surpris de ne pas voir la marque « Nestea » sur ma canette mais plutôt « Mahou » ce qui se traduit en français par le mot « bière ». Sur ce, je fais part de l’erreur à la serveuse qui me répond qu’elle m’avait servi une bière car il n’y avait plus de thé froid. J’espère que vous saisissez qu’il y a un automatisme quelque peu douteux dans son acte…

Passons à autre chose.

Si aux dernières nouvelles je venais de m’installer dans mon appartement, je me dois de vous informer que je déménage à nouveau dans une semaine. Eh oui, certains d’entre vous ont tout de suite compris que le silence religieux régnant dans mon actuelle colocation ne me conviendrait point. Je me suis donc mis à la recherche d’un appartement avec 3 autres Erasmus (2 brésiliens et 1 belge) et à vrai dire, ce fut un jeu d’enfants. Au bout d’un jour de recherche non-intensive nous sommes tombés sur le bon plan : un appartement à 10 min. à pied de l’école avec des chambres géantes et ce, pour 325 euros par tête. Bref, ne vous pressez pas, il y aura de la place pour tout le monde ! (Des photos suivront…)

S’il est vrai qu’un appartement spacieux contribue au bien-être des personnes qui l’habitent, il est aussi important d’avoir des colocataires normaux ne présentant pas de troubles psychologiques de premier ordre. Si ma première expérience à Lausanne me permit de découvrir le désordre psychologique que peuvent héberger 2 cerveaux hollandais et 1 cerveau serbo-suédois, je dois avouer qu’un petit détail concernant un de mes futurs ex-colocataires m’a troublé au plus haut point. Il s’appelle Antonio, est espagnol et a 28 ans. Il fait des études en aéronautiques et, sauf preuve du contraire, il est physiquement constitué de la même manière que tout être humain de base lorsque celui-ci est sorti de son carton IKEA. Cependant, comme tous les produits suédois en kit, il manque toujours une pièce du puzzle : une vis, un clou ou autre… Dans le cas de mon colocataire espagnol, je ne saurais pas comment définir l’élément manquant (je reste d’ailleurs ouvert à toute autre proposition pour définir ce qui va suivre) mais je suis sûr que quelque chose sonne faux… Explications : J’étais avec mon colocataire belge entrain de nettoyer l’appartement (oui, ça m’arrive parfois…) lorsque le moment de passer la fameuse panosse (ou « balayette espagnole » comme nos chers amis français aiment à l’appeler) arriva. Pour ce faire, nous remplîmes le seau d’eau lorsque, tout d’un coup nous vîmes scotché sur ce même seau une photo en format passeport d’une belle demoiselle. Intrigués sur cette façon alternative de décorer un appartement, nous prîmes l’initiative de demander à Antonio ce qu’elle faisait là. À cette question, il répondit que cette fille, qu’il aimait beaucoup, lui avait donné sa photo et que, donc, il l’avait collée sur le seau… Je ne sais toujours pas si c’est l’absurdité de l’acte ou le sérieux avec lequel l’espagnol l'a justifié qui me fait le plus peur… Quoiqu’il en soit, je ne veux pas savoir le genre de plaisir qu'il doit ressentir lorsqu’il passe la panosse…

jeudi 6 septembre 2007

Premiers pas...

Après une semaine et demie d’absence me voilà prêt à vous décrire ces premiers jours à Madrid.

Pour commencer, je tiens à préciser que j’ai enfin pris possession de mon nouvel appart ! Heureusement, car ma grand-mère essayait, inconsciemment, de me transmettre sa paranoïa de la jungle madrilène : lors d’un dîner auquel elle a convié des amis, elle, ainsi que ces invités, n’ont rien eu d’autre à faire que de me sortir tous les malheurs qui leurs sont arrivés à Madrid pour me montrer à quel point « il s’agit d’une ville dangereuse »… Le catalogue passait évidemment par toutes ces choses sympas qui peuvent arriver à n’importe qui comme les agressions, les cambriolages, le raquette… Y avait vraiment de quoi rendre parano un bisounours vis-à-vis de ses confrères…

Samedi fût ma première journée libéré des responsabilités familiales. Mais ce fût aussi la première soirée où je sortis avec d’autres étudiants histoire de boire des verres (dont Ben, camarade de l’EPFL, et quelques françaises…). Et là autant vous dire que les choses sont très différentes de la Suisse : à 2h du matin, dans le bar, il n’y avait pas grand monde. En Suisse, on attribuerait peut-être cette situation à un bar pas très populaire mais ici l’explication était plutôt la suivante : « c’est encore trop tôt ». Bref… De plus, je tiens à préciser qu’ici les gens, dans les bars du moins, n’ont bizarrement pas de balai dans le cul quand ils n’ont pas d’alcool dans le sang. J’imagine que c’est une question de culture…

Parlons appartement. Ma grand-mère, qui avait vu 2 mois auparavant l’appartement dans lequel j’allais vivre, m’avait décrit la chambre un peu comme une sorte de cage à lapins et ce, non pas pour les capacités reproductives extraordinaires des lapins mais bel et bien pour les caractéristiques de la chambre… Heureusement, il n’en est rien. Comme vous pouvez le constater sur les photos, la chambre est tout ce qu’il y a de plus correct, même si la partie commune laisse un peu à désirer.
Cependant, 3 surprises désagréables viennent marquer mon débarquement dans l’appartement. La première se produit lorsque je constate qu’en dessous du matelas il n’y a qu’une vulgaire planche de bois aggloméré. La deuxième, lorsque j’apprends que la chambre du proprio partage un mur avec la mienne. La troisième, lorsque je fais la connaissance d’un de mes colocataires qui, pour me vendre les bienfaits de l’appartement, vante le silence absolu régnant dans l’appartement ainsi que dans les appartements au-dessus et au-dessous de nos têtes (à noter que ce sont tous des appartements d’étudiants)… « Ce sont des conditions idéales pour travailler » me dit-il. A ce moment-là, je me mis à considérer sérieusement la possibilité de m’étouffer volontairement à l’aide d’un donuts (histoire de mourir heureux) mais les 3 neurones que j’ai eurent la bonne idée de fusionner ensemble. Je repris donc mes esprits et, à l’aide d’un sourire d’imbécile heureux, je me montrais content d’apprendre cette « bonne nouvelle »…

Niveau colocataires, je vous ferai un bref descriptif, non pas parce que j’en ai pas envie mais parce que depuis 4 jours je n’ai dû les croiser en tout et pour tout que 5 minutes. Un vieil espagnol de 28 ans environ (désolé Marcello si tu te sens encore plus vieux…), une américaine, prof d’anglais, et un américain qui étudie du droit. Ce dernier est le plus sympa et le plus ouvert de tous mais il sera remplacé par un belge d’ici quelques jours (Céline, le proprio a confondu les belges et les hollandais… C’est pas très malin, je sais, mais le pauvre bougre ne s’est pas rendu compte !).

Ces derniers jours ont également été l’occasion de s’inscrire aux cours de l’université. Ce fut l’opportunité de tester la sympathie des étudiants Erasmus ainsi que l’administration espagnole. Si les premiers ont passé le test avec une excellente note, les deuxièmes ont encore beaucoup de choses à améliorer. Par chance, j’ai été le premier à m’inscrire, ce qui signifiait 2 choses : j’allais servir de cobaye pour lancer la machine des inscriptions et puis j’allais être le seul qui pourrait choisir tous les cours que je voulais étant donné le nombre de places limité dans chaque cours… Si cette dernière conséquence fut une bénédiction, le fait que je lance la machine eu pour effet de m’obliger à rester 3 heures assis sur une chaise à attendre que ces chères secrétaires installent une imprimante ! Heureusement, j'avais un journal avec moi...